La santé est là. Toujours là.
Elle veille, surveille,
réconforte et panse nos blessures.
Invitée silencieuse,
elle subit nos caprices. Nos excès. Nos déboires.
Invitée délicate,
elle est autant attentive à notre bien-être
que nous sommes ingrats envers elle.
Invitée précieuse,
on le sait, on y pense, mais on l’oublie.
On la défie. On la néglige. On la trahit.
On la relègue dans un coin.
Sans pitié.
Indulgente, elle revient.
Sans tapage.
Incrédules, on la gaspille.
Une fois de plus. Une fois de trop?
On la mine. On se ruine.
On la compromet. On la dévore. On la piétine!
Inconscience, paresse ou lâcheté?
Provocation ou cynisme?
Qui sait?
Souvent elle nous acquitte.
Jusqu’au jour où elle nous quitte.
Sans avertir. Sans plus jamais revenir.
On s’en rappelle. On l’appelle.
On la réclame à cor et a cri.
Notre corps se déchire. Il délire.
Il a mal. Mais le mal est fait !
On la conjure de revenir. On lui jure obéissance,
et l’on se démène comme un diable
pour la recouvrer.
On la maudit. On se maudit. On la pleure aussi.
Un arrière-goût de remords nous ronge à petit feu.
Comme on la regrette maintenant!
Mais rien n’y fait! C’est trop tard…
Trop tard?
La santé
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